sâmbătă, 6 septembrie 2008

Souvenirs de voyage (III) - Quitter Turin


la variante en francais:


Je suis assise, immobile sur une chaise assez confortable, mais parfois impolie avec mes os. Par la vitre sécurisée, j’essaie de toucher les nuages qui semblent pourchasser le bus. Il serait mieux si je dormais jusqu’ à la frontière avec la France. La promenade de Turin m’a épuisée, m’a fait trembler les muscles… la ville te sèche jusqu’a la dernière goutte de « toi » et te recharge avec elle, bien des gouttes d’elle… Je ferme les yeux… je rêve un immense carrousel rose… dans les oreilles résonne très rassurant Lamb… à la fin les applaudissements de la version unplugged me font tressaillir… j’ouvre les yeux… ils me font mal. Tous autour de moi dorment les casques aux oreilles ou boutonnent quelque portable… dans chacun d’entre eux je te vois… tu me souris.


Je tourne la tête vers la fenêtre, les yeux roulent de plus de 200km/h, perpendiculairement à l’autoroute, vers quelque part en haut, vers les Alpes de frontière (la photo prise à ce moment là). J’embrasse timide un sommet, puis un autre somment, puis un autre et un autre et un autre… ma peau tremble parce que là-haut il a neigé, mon corps se voûte parce que là-haut le vertige s’empare de moi, mes coudes saignent parce que les rochers sont aigues, l’âme commence à rêver parce que « là-haut » veut dire être plus proche du ciel.



Je m’écroule de nouveau dans la chaise rigide, je meurtrisse mon corps qui tient à la main un appareil photo. Je m’écrase sous mon propre poids. Ma bouche parle la langue des rochers, mes ongles sont les feuilles aiguilles du sapin, en moi coule la neige fondue. Arrêtez, s’il vous plait, arrêtez! je veux descendre! C’est ici ma place !... Non, je ne veux pas faire pipi dans les toilettes d’une station où l’on fait le plein d’essence… NON ! C’est pas ça, je ne vous demande pas pour ça d’arrêter. (Aye ! Les cons !)


Qu’est-ce que t’as ? T‘es folle ? Attends, on n’est pas encore sorti d’Italie… Voila, ici il y avait une fois la frontière entre les deux pays… maintenant il n’y a que des signes symboliques qui restent … bla bla bla… quelques pauvres baraques … qu’est-ce que cela m’importe ?! Le paysage ne s’interrompe pas, moi, je ne me casse pas juste au milieu dans des milliers de débris, la beauté ne se déchire pas…


J’entends de nouveau les applaudissements.


On a encore combien de temps jusqu’au loin ?

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